 | DES RÉPONSES À VOS QUESTIONS |
 | LE QUOTIDIEN DES PATIENTS |
 | La tutelle, curatelle ... |
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LA
TUTELLE CURATELLE
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TUTELLE
CURATELLE SAUVEGARDE DE JUSTICE |
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La loi du 3 janvier 1968 organise la protection juridique (revenus,
biens...) de toutes les personnes dont les facultés intellectuelles
sont altérées, et qui s 'avèrent de ce fait dans l'incapacité
de s'occuper de leurs intérêts : c'est pourquoi cette loi
est dite « loi de protection des majeurs ».
Il existe trois régimes de protection :
- La sauvegarde de justice qui s'installe en urgence
et protège vis-à-vis des actes de la vie civile de manière provisoire
et limitée.
- La tutelle qui s'adresse aux personnes qui ont besoin
d'être représentées de manière continue dans les actes de la
vie civile.
- La curatelle qui représente un moyen de protection
plus souple que la tutelle.
Ces trois régimes de protection ont en commun les points suivants :
- L'avis médical est toujours nécessaire pour établir l'altération
des facultés intellectuelles.
- C'est le Juge (du Tribunal d'Instance dont dépend le domicile)
qui prend toutes les décisions : ouverture de la procédure,
suivi de la protections, mainlevée...
- Il procède habituellement à une enquête sociale, médicale
et auditionne l'intéressé ainsi que sa famille dans le but de
recueillir toutes les informations utiles à sa prise de décision.
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La
sauvegarde de justice
Elle réalise une protection des personnes à posteriori
dans les actes de la vie civile. Il s'agit d'un régime
de protection qui peut s'installer en urgence,
qui est provisoire et limité dans ses
effets.
Conséquence de la sauvegarde de justice :
Le majeur protégé conserve l'exercice de tous ses
droits civils mais la sauvegarde de justice va rendre
possible l'annulation d'actes jugés préjudiciables
(par exemple : achats inadaptés, ventes intempestives...).
C'est-à-dire que toute personne placée sous sauvegarde
de justice agit normalement dans la vie courante avec
la garantie d'une intervention en annulation à posteriori.
En cas de nécessité urgente, le Juge peut mettre
en place un mandataire spécial pour une période
provisoire afin d'effectuer les actes courants indispensables
au nom de la personne protégée (réception des revenus,
paiement des dépenses...) sans toutefois pouvoir passer
un acte important
(vente ou achat d'un bien immobilier...) ce
qui n'est pas de sa compétence.
Ouverture et fin de la sauvegarde de justice :
Une simple déclaration médicale (accompagnée du certificat
d'un psychiatre ou d'un gériatre) auprès du Procureur
de la République permet d'installer une sauvegarde
de justice qui sera valable deux mois et éventuellement
renouvelable par période de six mois.
Son non-renouvellement entraîne son arrêt automatique.
Exemple :
Monsieur V., 32 ans, présente un premier épisode
maniaque caractérisé par un état d'excitation qui
évolue depuis deux semaines. Il ne dort plus, est
en proie à une hyperactivité désorganisée habituelle
dans ce genre de maladie et a fait de nombreux achats
inconsidérés, notamment il a acquit très impulsivement
42 lampes de chevet dans une petite boutique, son
délire verbal et une mégalomanie l'ayant conduit à
penser qu'il était sur le point d'ouvrir un hôtel
avec 42 chambres (ce qui était bien évidemment totalement
fabulatoire)...
Une mesure de sauvegarde de justice avec désignation
d'un mandataire spécial va permettre de tenter de
revenir sur les achats inconsidérés et, surtout, le
mandataire désigné (un cousin proche) va pouvoir s'occuper
de la gestion du restaurant dont il est propriétaire
pendant la période où il sera malade.
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La
tutelle
La tutelle s'adresse aux personnes qui ont besoin
d'être protégées de manière permanente dans
tous les actes de la vie civile.
Conséquence de la Tutelle :
Elle provoque une incapacité civile complète :
la personne protégée va être représentée par son tuteur
de manière continue dans les actes de la vie civile.
Le tuteur va réaliser seul tous les actes de la vie
ordinaire concernant les revenus, mais également les
dépenses de la vie courante.
Par contre, pour tout acte important il doit prendre
l'avis du Juge des Tutelles (biens immobiliers, successions,
mariage ou divorce...).
Enfin, en fonction de certaines situations, le Juge
peut "alléger" la tutelle et autoriser le
majeur protégé à effectuer des actes spécifiques que
le plein exercice de la tutelle lui interdirait normalement
(par exemple : utilisation d'un compte courant
pour des retraits d'argent...).
Toute personne sous tutelle perd son droit de vote.
Exemple :
Madame Y., 82 ans, vit seule à son domicile. Elle
souffre d'une maladie d'Alzheimer (affection caractérisée
par des troubles progressifs de la mémoire, de l'orientation
et du jugement) assez évoluée et d'un refus de soin
pathologique : son appartement est surencombré
d'objets hétéroclites et surtout ses papiers administratifs
sont dans le plus grand désordre : elle n'a plus payé ses factures depuis
longtemps et est menacée de coupure du téléphone et
d'électricité...
Un "ami" va lui chercher de l'argent
à la banque mais elle est toujours démunie... Il est
vrai qu'elle achète sans sourciller tous les objets
inutiles que des représentants du commerce viennent
lui présenter à domicile.
Une mesure de tutelle permettra dans son cas, en
régularisant sa situation administrative, de permettre
un maintien au domicile dans de bonnes conditions.
Le tuteur la représentera de manière permanente dans
les actes de la vie civile : ce qu'elle ne peut
plus faire.
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La
curatelle
La curatelle s'adresse aux personnes qui ont besoin
d'être conseillées ou contrôlées dans les actes
de la vie civile.
Conséquence de la Curatelle :
Elle provoque une incapacité civile partielle :
la personne protégée va nécessiter pour les actes
importants l'autorisation de son curateur.
Il faut distinguer la curatelle simple au
cours de laquelle la personne protégée effectue seule
les actes de la vie civile mais nécessite l'accord
de son curateur pour les actes importants, de la curatelle
renforcée (article 512) durant laquelle c'est
le curateur qui effectue seul les actes de la vie
civile, les actes importants nécessitant la double
signature de la personne protégée et de son curateur.
Exemple :
Monsieur D., 28 ans, présente depuis plusieurs
années uns schizophrénie caractérisée par un délire,
des hallucinations et une désorganisation de la pensée
dont l 'évolution récente l'invalide énormément.
Il ne vit que d'allocations diverses (revenus mensuels
de l'ordre de 600 euros) mais s'avère incapable de
gérer régulièrement son budget : il a tendance
à dépenser tout son argent dans les premiers jours
où il le reçoit. De ce fait, il ne peut pas payer
ses charges mensuelles (il est menacé de se faire
expulser de son logement) et n'a plus d'argent du
tout à partir du dixième jour du mois.
Une mesure de curatelle renforcée va l'aider en organisant
un paiement régulier de ses charges mensuelles mais
aussi en gérant son budget et en lui remettant l'argent
disponible de façon fractionnée (par exemple, en une
fois ou deux par semaine).
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Règles
communes à la tutelle et à la curatelle
Mise en place :
A la demande de la famille ou d'une autre personne
concernée (assistante sociale, médecin etc.), le Juge
des Tutelles du Tribunal d'Instance du domicile de
la personne à protéger va ouvrir une procédure comportant :
un rapport social, un certificat d'un médecin expert
agréé par les tribunaux, l'audition de l'intéressé
et de ses proches, l'avis du Procureur de la République...
C'est le Juge des Tutelles qui prononce la mesure
de protection : le jugement est notifié à la
personne protégée qui conserve un délai de recours
de quinze jours.
Le Juge des Tutelles désigne, autant que cela est
possible, une personne de la famille pour exercer
les mandats de tuteurs ou de curateurs. Si cela n'est
pas possible, le Juge va désigner un tiers (association
tutélaire, gérant de tutelle hospitalier, etc).
Main levée :
La suppression de la tutelle ou de la curatelle intervient
après une procédure et un jugement de "mainlevée"
. Habituellement, le Juge prononce l'arrêt de
la tutelle et de la curatelle après avis médicaux
(médecin traitant et expert) et avis du tuteur ou
du curateur et des proches.
Fonctionnement :
Les curateurs et tuteurs non familiaux touchent une
rémunération fixée réglementairement pour leurs frais
de gérance. Il va de soi que curateur et tuteur rendent
des comptes de gestion réguliers au Juge des Tutelles.
Exemple :
Madame V., 52 ans, a été très malade pendant plusieurs
années. Une mesure de curatelle avait été installée
en 1999 pour lui permettre de faire face à des dettes
importantes à un moment où sa dépression l'empêchait
de s'occuper de ses affaires. Maintenant, son état
de santé s'est considérablement amélioré : elle
a demandé à son médecin traitant un certificat médical
attestant la nécessité de supprimer la curatelle.
Le Juge des Tutelles à qui elle a adressé ce certificat
a désigné un médecin expert qui l'a examinée et a
confirmé dans son rapport la possibilité d'enlever
la curatelle... Le Juge des Tutelles prend alors une
mesure de "mainlevée de curatelle" .
Tutelle, curatelle, sauvegarde de justice respectent
des grands principes :
- Principe de nécessité : une mesure ne doit
être mise en place que si elle est nécessaire,
- Principe de subsidiarité : une mesure ne
doit être mise en place que si les procédures de
droit commun (mandat, procuration...) s'avèrent
insuffisantes,
- Respect de la dignité des personnes,
- Réversibilité des mesures prononcées.
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Adresses
utiles :
- Association Nationale des Gérants de Tutelles
(A.N.G.T.) - 1, rue Cabanis - 75014 Paris
- Union Nationale des Associations Familiales (U.N.A.F.
service tutelles) - 28, place Saint-Georges - 75009
Paris
- Fédération Nationale des Associations Tutélaires
(F.N.A.T.) - 94, rue Saint Lazare - 75009 Paris
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