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Vous trouverez sur cette page, les résultats de l'enquête réalisée par l'Institut Lilly et Ipsos. Vous connaîtrez ainsi l'image du grand public sur la Schizophrénie et sur les patients souffrant de schizophrénies.
 

L'image de la schizophrénie et des patients schizophrènes auprès du grand public.

Méthodologie de l'enquête

Cette enquête a été réalisée par téléphone. Un échantillon de 1014 personnes représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus a été interrogé les 4 et 5 mai 2001. Les réponses àdifférentes questions ont permis d'établir un " score de connaissance " permettant un découpage de la population en trois catégories : "bonnes connaissances" (score de 4), "connaissances moyennes" (score de 2-3), "faibles connaissances" (score de 0-1).

Quatre questions ont servi à l'élaboration de ces scores : la connaissance du fait que la schizophrénie constitue une maladie mentale; de même pour la connaissance du caractère chronique de la maladie, et pour la connaissance du fait que c'est une maladie qu'on peut soigner.
La confusion, fréquente, entre schizophrénie et dédoublement de personnalité était un dernier indicateur contribuant à ce score.
De la même façon, un "score de stigmatisation", a été défini en fonction de l'intensité d'accord des réponses des individus à une série de questions indicateurs d'exclusion ou de stigmatisation au sens strict du terme : ainsi, à l'opinion "on peut reconnaître un schizophrène quand on le voit", les autres items concernés étaient : "on peut être schizophrène et mener des activités normales comme aller au travail", "les schizophrènes sont des gens qui souffrent", "en dehors des périodes de crises, les schizophrènes sont des gens comme les autres", "il faut isoler les schizophrènes du reste de la société", "les schizophrènes sont dangereux pour les autres", "les schizophrènes sont responsables de ce qui leur arrive".

Trois groupes homogènes ont ainsi été constitués en fonction du degré de stigmatisation : le groupe "faible stigmatisation" : les individus ayant obtenu un score compris entre 0 et 6. Le groupe "stigmatisation moyenne" : les individus ayant obtenu un score compris entre 7 et 9. Le groupe "forte stigmatisation" : lles individus ayant obtenu un score compris entre 10 et 28.

Ces scores ont servi de critère d'analyse sur l'ensemble des questions posées.

Maladie mentale, folie et violence sont les trois principales représentations spontanément associées à la schizophrénie.

Onze champs sémantiques différents se distinguent lorsqu'on demande aux personnes interrogées de citer spontanément les trois mots que leur évoque la schizophrénie. Deux d'entre eux se distinguent nettement, l'univers de la "maladie mentale", 37% et celui de la "folie" 32%, qui regroupe des mots-clefs tels que folie, démence, barjot, cinglé... Ces deux champs sémantiques regroupent à eux seuls 69% des citations.

Les autres champs sémantiques sont les suivants : la violence (16%), les soins (14%), la souffrance (12%), le dédoublement de la personnalité (7%), les troubles du comportement (6%), l'enfermement (5%), les symptômes (5%), les troubles mentaux (5%), les difficultés / le besoin d'aide (5%).

On s'attardera particulièrement sur trois d'entre eux, très significatifs :

- la violence, troisième champ sémantique, représenté par des termes comme, crainte/peur, danger, agressivité, nerveux, crime ... on le voit, toute une déclinaison allant de la simple aggressivité à l'image du danger absolu incarnée par le sérial killer.

- un terme mérite à lui seul d'occuper une place singulière dans notre classification, le dédoublement de personnalité, cité spontanément par 7% des répondants - ce qui est considérable, et marque bien une idée fausse que confirmera une question fermée : 41% de la population est en effet aujourd'hui d'accord avec l'idée selon laquelle "la schizophrénie c'est la même chose que le dédoublement de la personnalité".

- la souffrance (12%) qu'on peut associer au besoin d'aide (5%) montre que ces champs de représentation ne sont pas totalement absents de l'esprit de la population.

Un niveau de connaissance qui reste fragmentaire

Les questions de connaissance, prises indépendamment les unes des autres, révèlent un assez bon niveau de connaissance de la part des répondants.

En effet, 86% des répondants déclarent que la schizophrénie est plutôt une maladie mentale (mais 5% quand même, une maladie physique), 47% une maladie chronique (mais 38% une maladie aigüe), 66% une maladie que l'on peut soigner (mais 22% une maladie qu'on ne peut pas soigner ).

Néanmoins dans le détail, ces scores plutôt satisfaisants ne doivent pas moins masquer des connaissances encore fragmentaires. Ainsi, les "mauvaises réponses" restent assez nombreuses. On considèrera particulièrement le fait qu'on puisse avoir des notions justes (maladie mentale, chronicité...) et néanmoins rester globalement dans l'erreur, se tromper de maladie, comme en atteste la question relative à l'identification entre schizophrénie et dédoublement de personnalité.

Une question portait sur le sentiment que les interviewés avaient d'être bien ou mal informés sur la schizophrénie. Majoritairement, la population se déclare mal informée sur la schizophrénie. Au global 66% de la population a "l'impression de mal savoir ce qu'est la schizophrénie" (dont 19% très mal).

Le score de connaissance 

Il apparaît que seuls 11% donnent des réponses exactes à l'ensemble des questions retenues pour bâtir le score. 37% fournissent trois bonnes réponses ; 34%, deux bonnes réponses, et 18% ne donnent qu'une réponse exacte.

Opinions et attitudes à l'égard des schizophrènes

Les opinions exprimées à l'égard des schizophrènes dressent globalement le portrait d'une population plutôt tolérante et compréhensive à l'égard des malades. Certes, 48% des personnes interrogées pensent que les schizophrènes "sont dangereux pour les autres" (et 68%, pour "eux-mêmes"). Mais seuls 12% sont d'accord avec l'opinion selon laquelle il faut les "isoler du reste de la société". Leur souffrance est reconnue par 84% de la population.

Les personnes interrogées sont un peu plus nuancées sur la capacité des schizophrènes à s'insérer dans la société, mais 73% sont tout à fait (28%) ou plutôt d'accord (45%) avec l'opinion selon laquelle "hors période de crise, les schizophrènes sont des gens comme les autres", et 65% pensent qu'on "peut être schizophrène et mener des activités normales comme aller au travail".

Ici aussi, des réponses penchant globalement dans le sens d'une faible stigmatisation du malade ne doivent pas occulter une structure différenciée des populations à l'égard du rejet du schizophrène.

La logique de stigmatisation des schizophrènes est fortement liée à celle des niveaux de connaissance : plus le niveau de connaissance est faible, plus le niveau de stigmatisation est élevé.

La perception de la maladie au sein de la population française est meilleure que celle que nous avions envisagé à priori. Toutefois, un travail important d'information du grand public apparaît nécessaire, voire fondamental afin de favoriser l'acceptation sociale des patients et peut-être, dans un second temps, d'améliorer les délais d'accès aux soins.

Références
Enquête Institut Lilly / IPSOS

NERVURE - Tome XIV - N° 9 - décembre 2001 / janvier 2002
Philippe Quintin*, Patrick Klein**, Philippe Carrière***

* Médecin psychiatre, Laboratoire Lilly France
** Directeur d'IPSOS Santé
*** Chef de service, Praticien Hospitalier, 22000 Saint Brieuc



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Mise à jour : 22/10/2008 | Qui sommes nous? | faire connaître Schiz'ose dire | ajouter aux favoris | mentions légales | plan du site | newsletter Lilly Institut